Les confidences d’un phénomène

Son corps hors norme, son style de jeu aussi aérien que surpuissant et son statut d'espoir le plus attendu depuis LeBron James ont fait de lui un personnage unique de la NBA. Après avoir vu sa brillante ascension freinée par les blessures, Zion Williamson est de retour.

écrit par Imanol Corcostegui ⸱ photos de Sébastien Leban ⸱ publié le 19 octobre 2022

ma liste

Zion Williamson est assis face à nous. Son corps de colosse remplit tout entier un large fauteuil orange. Sur son visage, un sourire enfantin qui semble résister à tout, au poids immense des regards qui le scrutent depuis son adolescence, aux douleurs récentes, au mystère qui escorte désormais le joueur de 22 ans.

Zion

Zion

WILLIAMSON

Williamson

Voilà donc sous nos yeux, prêt à raconter son ascension étincelante et ses défis à venir, l’ex-rookie le plus attendu depuis LeBron James, « The Next Big Thing », la future figure de proue annoncée de la NBA, qui fit la couverture de Slam Magazine dès l’âge de 16 ans et signa deux ans plus tard, en juillet 2019, un prestigieux contrat de 75 millions de dollars avec Jordan Brand, filiale de Nike. Du jamais-vu depuis LeBron, encore et toujours lui, éternel grand frère de hype précoce. Si on avait rencontré Zion à l’époque – il est, lui aussi, de ceux qu’on appelle par leur prénom, choisi en l’honneur d’un mont biblique, son arrière-grand-mère étant convaincue qu’un être extraordinaire allait voir le jour –, il n’aurait eu que des histoires joyeuses à nous conter.

Mais en cet après-midi de juillet 2022,

c’est à la fois un phénomène unique et une vaste énigme qui disserte devant nous en agitant ses bras interminables

Depuis qu’il a débarqué avec fracas en NBA, victime de blessures en cascade, dont la dernière en date, une fracture du pied à l’été 2021, lui a fait manquer l’intégralité de la saison passée, l’ailier-fort des New Orleans Pelicans n’a joué, en trois saisons, que 85 matches sur 226. À chaque fois que Williamson s’est présenté sur le parquet, il s’est montré largement à la hauteur des attentes mais, vous avez fait le calcul, 141 matches se sont disputés sans lui, c’est beaucoup trop pour convertir une hype en triomphe. Aujourd’hui, le monde du basket se demande si sa fragilité physique ne va pas réduire en fumée le grandiose avenir qu’on lui a promis. Alors, à l’issue de cette saison blanche, notre première question ne pouvait être que celle que les journalistes ne posent d’habitude que par courtoisie. « Comment ça va ? » Zion a planté droit dans nos yeux deux billes noires déterminées, son sourire s’est un peu estompé.

« JE ME SENS BIEN, JE ME SENS SUPER BIEN. L’année a été longue et difficile mais je suis en pleine forme désormais et prêt à en découdre »

ZION Williamson

Une brève entrée en matière en forme de lay-up efficace, le joueur se montrera bien plus bavard au fil de l’interview.

Quelques jours avant notre rencontre dans les locaux parisiens de Nike, à l’occasion de sa venue au Quai 54, tournoi international de streetball, Williamson signait, à grand renforts d’embrassades et de « merci pour la confiance », une juteuse prolongation de contrat (193 millions de dollars sur cinq ans) avec La Nouvelle-Orléans. La saison galère se terminait en happy-end : les Pels verrouillaient leur superstar, la superstar prouvait son attachement à sa franchise, c’était la conclusion d’une année où, même loin des terrains, le nom de Zion tourna en boucle dans la presse et sur les réseaux sociaux.

Quand finirait donc sa convalescence ?
Et puis reviendrait-il en forme ?
Et puis avait-il vraiment envie de rester en Louisiane ?
. . .

Projecteurs braqués, débats enflammés et controverses sur la place publique. Le quotidien de l’ex-enfant prodige d’un lycée tranquille de la Caroline du Sud devenu vedette absolue du basket universitaire avec Duke puis inévitable n°1 de la draft 2019 et successeur espéré de la génération LeBron James-Stephen Curry. Un sacré poids à porter pour un gamin dont les médias américains ont chroniqué la légende avant même qu’elle ne débute.

À l'époque du lycée, sous les couleurs de Spartanburg.
À ses débuts en NBA. 
Lors de la draft, en juin 2019.

On lui demande ce qu’il a de si spécial pour susciter tant d’attention.

Quand une question le bouscule un peu, Zion a un tic qui dévoile deux facettes de sa personnalité. D’abord, il baisse la tête en souriant, fait une moue façon élève timide qui ne connaît pas la bonne réponse, avant de se redresser et de cabotiner comme rattrapé par le sens du show. « Je suis un joueur unique en son genre. Je ne ressemble à absolument personne et jamais personne ne me ressemblera. Le problème, c’est qu’on essaie souvent de m’analyser en me comparant à d’autres mais la réalité, c’est que les gens n’ont jamais vu quelqu’un comme moi. » Zion proclame ça sans plaisanter, sans avoir l’air de se vanter non plus. Et il a raison. Tant d’autres, et pas des moindres, ont dit la même chose à son sujet.

LeBron James

quatre fois champion NBA, quatre fois MVP

« Ce gamin a vraiment quelque chose de spécial. Son jeu colle parfaitement au basket d’aujourd’hui, très intense, très rapide »

« Ce gamin a vraiment quelque chose de spécial. Son jeu colle parfaitement au basket d’aujourd’hui, très intense, très rapide »

Mike Krzyzewski

entraîneur cinq fois médaillé d’or aux JO

« C’est un joueur absolument unique. C’est un talent-né doté d’un mélange d’explosivité et de qualité technique remarquable. Et en plus, c’est un super gamin »

« C’est un joueur absolument unique. C’est un talent-né doté d’un mélange d’explosivité et de qualité technique remarquable. Et en plus, c’est un super gamin. »

Kevin Durant

double champion NBA, MVP 2014

« Je n’avais jamais vu un basketteur comme lui. C’est un gaucher qui peut dunker de la main droite, en armant le ballon de très loin et en s’envolant vraiment haut. J’ai vu des Golden Dafa Casino sauter haut mais pas doté de ce profil »

« Je n’avais jamais vu un basketteur comme lui. C’est un gaucher qui peut dunker de la main droite, en armant le ballon de très loin et en s’envolant vraiment haut. J’ai vu des Golden Dafa Casino sauter haut mais pas doté de ce profil »

Jrue Holiday

champion NBA

« C’est un mutant, doté de qualités athlétiques extraordinaires, capable de dunker de partout. Et ça se voit qu’il aime profondément le basket »

« C’est un mutant, doté de qualités athlétiques extraordinaires, capable de dunker de partout. Et ça se voit qu’il aime profondément le basket »

ZION WILLIAMSON

22 ANS
129 kilos
1,98M

Zion Williamson, c’est d’abord un corps hors norme, MONUMENTAL,

épais et musclé, celui d’un footballeur américain d’1,98 m qui se serait perdu en sortant de la salle de gym et aurait atterri sur un terrain de basket.

À son arrivée en NBA, lesté de ses 129 kilos, Zion se distingua d’entrée comme le deuxième joueur le plus lourd de toute la Ligue, derrière Boban Marjanovic. Sauf que le Serbe des Houston Rockets le toise de 20 centimètres et qu’il remplit tous les critères de son poste, celui de pivot, peu véloce et à la détente pataude. Zion, lui, est un ailier-fort, à la célérité éruptive, qui peut s’envoler à près d’1,20 m de hauteur et, encore, la légende raconte que le jour où Duke lui fit passer le test de détente verticale, la planche n’allait pas assez haut pour le mesurer correctement. La vénérable université, qui en a pourtant accueilli un paquet, de futures stars de la NBA, n’avait jamais vu ça. Mélange rarissime de puissance pure et de grâce aérienne, Williamson est un tank ailé qui décolle à la vitesse d’une fusée.

Des physiciens se sont penchés sur son cas : lancé à pleine vitesse, Zion dégage autant de force qu’une jeep qui roulerait à 16 km/h et assez d’énergie pour alimenter une ampoule de 100 watts pendant quatre jours.

Lors du All-Star Game 2021.

« Une telle force de la nature qui associe autant de densité et d’explosivité, c’est proche de l’unique dans l’histoire de la NBA. »

Romain Leroy,
entraîneur adjoint de la SIG Strasbourg et contributeur du média Envergure spécialisé dans l’analyse des jeunes talents du basket mondial

« C’est à Charles Barkley qu’on peut sans doute le plus le comparer mais Barkley n’était pas aussi dense, poursuit Romain Leroy. Williamson est un vrai poste 4 atypique, pas un deuxième meneur de jeu comme les postes 4 d’aujourd’hui, mais un redoutable joueur de finition. »

Sur le parquet, fort de son armure naturelle,

Zion devient Zanos.

Un surnom inventé par ses coéquipiers de Duke, variante sportive de Thanos, le grand méchant créé par Marvel dont la brutalité dévastatrice pulvérise des planètes entières. L’inarrêtable Zanos terrorise de sa rage souriante les défenses qu’il perfore aisément avant de filer marquer. Souvent, très souvent.

Lors de sa deuxième saison avec les Pels, en 61 matches, il tournait à 27 points de moyenne, dont 20,3 dans la raquette – du jamais-vu depuis Shaquille O’Neal - avec une réussite au tir de 61%. Des statistiques offensives dignes des tout meilleurs Golden Dafa Casino de l’histoire de la Ligue au point de s’imposer en avril 2021 comme le basketteur le plus rapide depuis Michael Jordan à passer la barre des 2000 points en NBA. Et son admirable adresse n’est pas qu’une affaire de puissance. En mars 2021, un soir de récital où Zion inscrivit 26 points en 23 minutes, s’engouffrant dans la défense d’Utah Jazz comme si des enfants la composaient, Rudy Gobert avait été soufflé par « l’étonnante agilité » de son adversaire.

« Il peut changer de direction rapidement, sa manière d’utiliser son corps est vraiment surprenante. » « En plus, malgré son gabarit, sa motricité fine est très intéressante, il a des vraies qualités de basketteur »
, ajoute Romain Leroy. Lancé vers le panier, Zion virevolte, contourne, esquive. Comme l’écrivit le Wall Street Journal, il est l’improbable croisement entre une bétonnière et une ballerine. Son jeu a des défauts, bien sûr, son tir à trois points notamment, mais il est plus complet qu’il en a l’air. Sa carcasse volante peut se muer en spectaculaire mur défensif, son jeu de passes, servi par une aisance des deux mains, est varié, son intelligence de jeu, aiguë.

Avachi dans son fauteuil orange, Zion dit qu’il ne sait pas vraiment d’où lui viennent ses épatantes qualités athlétiques, de sa mère sans doute, plusieurs fois championne de Caroline du Nord en sprint quand elle était au lycée et sauteuse en hauteur capable de franchir des barres d’1,80 m. Il ne cite pas son père – ses parents se sont séparés quand il avait 4 ans – mais celui-ci fut un prometteur footballeur américain, la toute-puissance de Zanos doit beaucoup à son patrimoine génétique. Ce que Zion sait très bien, c’est pourquoi sa force n'est pas son seul atout : jusqu’à l’âge de 14 ans, il ne ressemblait pas un catcheur.

« En un été, j’ai grandi d’un coup, je suis passé d’1,75 m à 1,90 m. Ma mère devait me mettre de la glace sur les genoux tellement j’avais mal. »

ZION Williamson

« Et je n’ai commencé à devenir vraiment costaud qu’au début du lycée, poursuit-il. Avant cela, je jouais meneur. J’ai vraiment beaucoup bossé ce poste : guider le jeu sans me préoccuper du score, travailler mes passes… De toute façon, le basket a pris très tôt une place immense dans ma vie. J’en suis tombé amoureux quand j’avais 5 ans et dans les années qui ont suivi, avec mon beau-père, on se levait à 5 heures du matin pour jouer, j’avais tellement d’énergie en moi… »

Zion Williamson a grandi en Caroline du Sud dans une famille pour qui le basket était à la fois une religion et un travail.

Prof de sport, sa mère, Sharonda Simpson, coache l’équipe de basket du collège. « On s’aime fort mais c’est un des entraîneurs les plus durs que j’ai eus, du genre à me crier dessus pendant les matches, vous imaginez à quel point c’est gênant quand on a 12 ans ! », rit Zion. L’autre coach de l’équipe n’est pas moins exigeant et il n’est pas un inconnu non plus : c’est son beau-père, Lee Anderson, ancien bon joueur au niveau universitaire, qui gère aussi des camps de basket pour les jeunes de la région. « C’est lui qui m’a vraiment appris à jouer, je n’ai jamais autant perdu contre quelqu’un ! »

Enfant, Zion dévore de la balle orange tout le temps, à l’école comme à la maison, confronte ses aptitudes hors du commun à des gamins plus âgés lors des stages organisés par son beau-père, remporte vite ses premiers trophées. À la fin du collège, il fait une rencontre qui change sa vie, une rencontre avec lui-même, qui l’aidera à apprivoiser son corps qui enfle. Zion se transforme en bébé Zanos et comme tous les super-héros, il n’a rien oublié du jour où son pouvoir est apparu.

À Spartanburg, Zion devient une star.

« Lors de mon premier match au lycée, un coéquipier m’envoie une passe lobée, je m’envole au-dessus d’un adversaire et là, je dunke. Waouh ! J’ai adoré ce que j’ai alors ressenti, j’avais envie que ça se reproduise. Le dunk, c’est de la poésie en mouvement. Ce que j’aime le plus, ce sont les quelques secondes qui le précèdent, ces instants où la foule tout entière se lève et retient son souffle. »

ZION Williamson

Zion raconte ses dunks avec gourmandise, avec minutie aussi, comme des bijoux dont il détaille tout, le moindre de leurs reflets et l’écrin qui les accueille. « Il y en a un qui me reste vraiment en mémoire, l’été entre mes deux premières années de lycée, lors d’un match où on était menés à la mi-temps. D’un coup, j’ai eu un déclic, mon cerveau s’est mis en mode ‘’Peu importe qui me fait face, l’équipe adverse ne pourra pas m’arrêter, seul Jésus en personne pourra les sauver !’’ Je me suis mis à enchaîner les points jusqu’à décider que sur la possession suivante, je ferais un dunk et rien d’autre. À l’époque, je n’avais pas encore l’habitude d’y aller en force mais là… » À l’aide de ses bras, il se lance dans une séance de mime. « J’ai poussé un adversaire, filé dans les airs, contourné un costaud et claqué un dunk que j’ai célébré comme rarement. Ce dunk est vraiment spécial parce que je me suis alors dit : ‘’Mec, tu peux faire ce genre de trucs !’’ »

Le souvenir est d’autant plus précieux que Williamson, alors âgé de 15 ans, joue pour l’occasion sous les couleurs des South Carolina Hornets, qui regroupent le temps d’un été les meilleurs talents du coin, au côté d’un certain Ja Morant, désormais étoile montante de la NBA lui aussi. Cinq ans après leur épopée estivale, ces deux espoirs du même État se classeront, fait rarissime, aux deux premières places de la draft 2019. « À l’époque, on n’était même pas les meilleurs Golden Dafa Casino de l’équipe mais avec Ja, c’est là qu’on a commencé à penser : ‘’Dis donc, on pourrait devenir des Golden Dafa Casino pas mal !’’ »

Zion Williamson et Ja Morant.

Au lycée, Williamson devient déjà bien plus qu’un « joueur pas mal ».

Adolescent, Zion enchaîne les unes des magazines. 

Il est le jeune basketteur dont tout le monde parle dans la région, le gamin géant qui permet à l’équipe de Spartanburg de conquérir ses premiers titres, qui transforme tous les matches en one-man-show en claquant des dunks de l’espace dignes des concours NBA. Puisqu’il s’est mué en golgoth au milieu des enfants et que l’exercice l’amuse follement, Zion stimule son super-pouvoir : de la main gauche comme de la droite, à l’envers comme l’endroit, à 180° comme à 360°, l’adolescent développe la capacité rare de massacrer le cercle de mille façons dans son style si zionesque de quarterback monté sur ressorts.

Grâce à ses dunks, sa réputation traverse peu à peu les frontières de la Caroline du Sud car une fascinante machine médiatique se met en branle. Appâtés par les exploits du surdoué, les sites Internet spécialisés dans la diffusion des highlights de basket - Elite Mixtapes, Ball is Life, Overtime (qui, pour la première fois, s’aventure loin de New York) – commencent à se déplacer pour voir la bête en chair et en os et filmer ses actions surnaturelles. Postées sur Youtube et les réseaux sociaux, les vidéos de Zion quittent Spartanburg pour s’inviter, partout dans le pays, sur les smartphones des fans de basket, les plus pointus d’abord, puis tous les autres quand les médias puissants se mettent aussi à les relayer. Les « Zion things », exécutées en quelques secondes sur le parquet, agissent comme des bonbons numériques, suffisamment frais et excitants pour que le grand public les partage d’un geste du pouce.

À mesure que Zion enchaîne un tomahawk dunk par ci, un 360-degree windmill dunk par là, de nouvelles vidéos, chaque week-end, circulent toujours plus largement et les précédentes, dopées par les algorithmes, prennent des millions de vues. Sur Youtube, Zion se construit sans le vouloir une filmographie. Au fil du temps, les vagues numériques grossissent à tel point que le raz-de-marée devient physique. Les journalistes débarquent de tous les États-Unis pour observer le prodige, les caméras s’entassent autour du terrain et les spectateurs intrigués affluent. Petite ville qui n’avait jamais vibré pour le basket jusque-là, habituée à son traintrain de « small and sleepy Southern town » à peine dérangé par l’activité de l’usine BMW voisine, Spartanburg voit le gymnase de son lycée se remplir, puis carrément déborder. Et comme Zion ne cesse de confirmer son talent et d’empiler les trophées avec son équipe, les lauriers s’amoncellent : en 2016, le site de référence 247Sports le classe meilleur basketteur high-school des Etats-Unis ; un an plus tard, Slam Magazine titre en une :

« êtes-vous prêts pour Zion Williamson ? »

ET ZION, ÉTAIT-IL PRÊT POUR ÇA ?

Dans la presse, ses entraîneurs et ses coéquipiers décrivent un gamin qui ne change pas, un ado humble et timide qui prend soin de ses camarades et suit avec assiduité les cours de poésie de mister Pell, qu’il adore. « Au début, quand je voyais tant de monde assister aux matches, j’avais du mal à croire que les gens étaient là pour moi, dit-il sans que sa voix ne trahisse aucune émotion. Je me suis seulement mis à penser : ‘’Bon, maintenant, il va falloir montrer de quoi je suis capable !’’ Je ne voulais pas que les spectateurs repartent déçus et jugent que je n’étais pas si bon que ça, ça m’a poussé à donner encore plus pour faire gagner mon équipe. » On lui rétorque que, quand même, cette notoriété soudaine a dû le perturber. « Les gens me posent très souvent la question de la pression mais honnêtement, les attentes ne m’ont jamais dérangé, je ne les ai jamais ressenties comme un poids. Je me suis toujours plutôt dit : fonce, fais ce que tu aimes et fais-le bien. »

« Depuis que j’ai 5 ans, le basket est la passion de ma vie et il n’y a pas de pression à faire ce qu’on aime vraiment. »

ZION WILLIAMSON

DRAKE

DRAKE

De ces années où le buzz se fit gigantesque, Zion n’est pas près d’oublier un matin de janvier 2017. « Au réveil, comme tous les jours, je commence par regarder mon téléphone et, là, boom, je vois des centaines de notifications sur Snapchat, une cinquantaine de messages, peut-être plus, des milliers de notifications sur Instagram. Là, j’ai compris qu’il se passait quelque chose et je vois… une photo de Drake, dont je suis un grand fan, qui portait mon maillot de lycée ! J’avais 16 ans, j’avais l’impression de vivre un rêve. »

Zanos est devenu une star, le « best mixtape player » de sa génération, un phénomène cool et fun, le premier à embrasser à ce point les codes de l’époque, entre Twitter, Youtube et les X-Men. Mais les réseaux sociaux simplifient tout : Zion passe aussi pour sa caricature, celle d’un Gif ambulant qui ne serait bon qu’à dunker. Et s’il n’était qu’un Harlem globe-trotter 2.0 ? Zion n’est pas dupe. Et ça l’agace. Car le lycéen est un joueur de highlights, certes, mais qui s’est construit en admirant du début à la fin les matches de ses trois idoles, Larry Bird, Magic Johnson et Michael Jordan. « Ma mère tenait vraiment à ce que je les regarde en intégralité, pour que je comprenne comment de tels Golden Dafa Casino parvenaient à prendre le jeu à leur compte. Au début, ça faisait long pour un gamin mais je me suis mis à aimer ça ! »

2018

En 2018, à la sortie du lycée, courtisé par à peu près toutes les équipes universitaires du pays, Williamson se laisse séduire par Duke, très réputée fabrique à champions, et son argument décisif : le célébrissime Mike Krzyzewski, meilleur coach de l’histoire du basket universitaire et triple médaillé d’or aux JO à la tête de la Team kubetA. Alliage bouillonnant de discipline militaire et de finesse managériale, Coach K fut le mentor des plus grands basketteurs américains, de Kobe Bryant à LeBron James, et, dès leurs premiers entraînements ensemble, Big Z, élève bosseur et solaire, conquit une place spéciale dans son cœur.

« C’est un gamin vraiment remarquable, très talentueux sans chercher l’attention à tout prix, et le meilleur athlète que j’ai eu la chance de coacher à Duke. »

Mike Krzyzewski,
entraîneur

Le coup de foudre fut réciproque. « Il voyait en moi bien plus que mes dunks, il m’a beaucoup aidé à être reconnu au-delà de ça, à développer d’autres facettes de mon jeu. » Sous les couleurs de Duke, Zion amplifie son buzz tout en démontrant qu’il est plus que cela. Non seulement ses dunks sensationnels claquent aussi face aux meilleurs Golden Dafa Casino de sa génération mais en plus, avec une moyenne de 22,6 points par match (et un pourcentage de 68% de tirs depuis la raquette), il s’impose comme l’un des freshmen les plus dominants de l’histoire du basket universitaire. Irrésistible ascension : convaincue d’avoir trouvé sa future icône, la planète basket tremble sous les assauts d’un bébé Zanos devenu grand.

2019

Le 20 février 2019, elle manque carrément de se fissurer. Ce jour-là, le Cameron Indoor Stadium de Duke est plein à craquer, les derniers billets se sont vendus à plus de 3000 dollars sur le marché noir, même Barack Obama est dans la salle. Aux Etats-Unis, on ne rigole pas avec le sport universitaire et le derby entre Duke et North Carolina, qui s’apprête à faire la meilleure audience sur ESPN pour de la NCAA depuis onze ans, en est un mythe. Alors, si, en plus, il y a le futur LeBron à zieuter… Le match débute dans une ambiance enfiévrée. Au bout de 30 secondes de jeu, Big Z récupère la balle, s’approche de la raquette, change d’appui et… crac ! Le géant s’effondre au sol, son genou vient de tourner et sa chaussure de se déchirer sous son poids ! Obama fait les gros yeux, la foule est en apnée, c’est le « shoegate ».

« Il a assez donné au basket universitaire, il faut qu’il pense à lui maintenant »

Scottie Pippen,
Six fois champion NBA

Le lendemain, la valeur des actions Nike chute à son tour, d’1,1 milliard de dollars, et dans les jours qui suivent, même si l’entorse du joueur se révèle bénigne, de nombreuses figures de la NBA s’expriment pour donner un avis unanime : Zion ne doit pas finir la saison avec Duke, il ne faudrait pas qu’il prenne le risque d’abîmer sa santé et d’hypothéquer son si bel avenir.

Le « shoegate » fait basculer le phénomène Zion dans une autre dimension, son cas relance les débats sur le sacro-saint principe d’amateurisme dans le basket universitaire : est-ce normal qu’un ado à 2,2 millions de followers ne gagne pas un cent quand son université, elle, se remplit les poches grâce à lui ? Et s’il s’était gravement blessé au point de louper la draft NBA, que lui serait-il resté de ses succès de basketteur ? Trois ans plus tard, bousculée par d’autres affaires, la notion d’amateurisme a été réformée, les Golden Dafa Casino ont désormais le droit d’exploiter financièrement leur image. Zion, lui, s’est retrouvé ces dernières années à alimenter l’actualité judiciaire pour un conflit l’opposant à ses anciens agents au sujet, justement, des ambigüités du statut d’étudiant-athlète en NCAA.

Mais en février 2019, tandis que le shoegate fait rage,

le joueur de Duke écoute poliment les conseils de ses glorieux aînés puis prend la décision inverse : il finira la saison avec son équipe.

« D’un point de vue extérieur, je comprends que les gens m’aient conseillé cela mais mes coéquipiers étaient comme des frères, je ne me voyais pas les quitter. Quand on partage ensemble tant de moments, les séances de sprint à 6 heures du matin et les entraînements qui durent trois heures, peu importe l’argent, peu importe ce que les gens peuvent dire, c’est plus fort que tout. »

Voilà un autre paradoxe à son sujet : Zion est un soliste qui ne jure que par le collectif. En mars 2018, le joueur reprend donc, pour quelques mois, le chemin des parquets avec Duke et y brille si fort qu’il égale, sous l’œil d’une Zion Cam créée par CBS pour ne filmer que lui, des statistiques que seuls Kevin Durant et Anthony Davis avaient obtenues en NCAA : 500 points, 50 interceptions et 50 blocks sur une seule saison.

À l’été 2019, Zion devient aussi un phénomène marketing. Malgré la cour assidue de tous les équipementiers majeurs, c’est, sans rancune, avec Nike et Jordan Brand qu’il signe le contrat le plus lucratif pour un rookie depuis les 90 millions de dollars de LeBron James seize ans plus tôt. Zion est enfin libre de toucher de l’argent car ça y est, il va passer professionnel, c’est NBA time !

AH,           Time...

Trois saisons où l’ombre est venue voiler la lumière, où le buzz a dégonflé.

Zion Williamson entouré par ses frères et sa mère le soir de la draft 2019.

Le joueur des Pels en a vécu beaucoup, tout de même, des moments radieux, depuis cette draft 2019 où, vêtu d’un costume blanc qu’il voulait pop comme son jeu, il triompha, encensant sa mère qui « [lui] a tout donné », partageant avec elle des rivières de larmes joyeuses. En 85 matches, bercé par les compliments de pointures de la NBA, Zanos a démontré que son basket fait d’étincelles envoyées au lance-flammes pouvait perturber les meilleures franchises et terrasser jusqu’aux plus valeureux grognards de la Ligue.

Mais son corps a tant de fois craqué... Le ménisque du genou droit, d’abord, là même où il se blessa lors du « shoegate », qui gâcha son entrée dans le grand-monde, l’obligeant en octobre 2019 à passer sur le billard et à louper près de la moitié de sa première saison. Puis la cuisse en juillet 2020, puis le pied droit, fracturé l’été dernier, alors que son année sophomore, brillante, couronnée par une sélection pour le all-star game, avait presque été complète. Nouvelle opération, nouveau coup de frein brutal, longue saison vécue au rythme des bulletins médicaux.

« Émotionnellement, j’ai vécu des montagnes russes cette année, souffle le joueur dont la voix se fait grave. J’ai été très contrarié de ne pas pouvoir débuter la saison, puis très excité quand j’ai cru pouvoir reprendre, puis j’ai rechuté en décembre... Là, j’ai pris un gros coup au moral. Pour lutter contre les émotions négatives qui m'ont alors envahi, je suis parti pendant deux mois sur le campus Nike à Portland, un endroit très vert, très calme, pour ma rééducation. Dans les mois qui suivent, j’ai retrouvé le plaisir du basket, que j’avais un peu perdu à cause de ces blessures survenues si tôt dans ma carrière. » En cette année vide de matches, Zion a déprimé et le monde de la NBA, lui, s’est posé à son sujet mille questions, qui ont parfois dépassé, une nouvelle fois, son propre cas. « On voit de plus en plus jeunes Golden Dafa Casino se blesser dès leurs débuts en NBA, note Stephania Bell, spécialiste pour ESPN des sujets liés à la santé dans le sport kubet. Leur parcours m’interroge : ne jouent-ils pas trop de matches au lycée et à la fac ? »

« ET a-t-on raison, à un si jeune âge, de ne les faire jouer qu’au basket, alors que la pratique de sports variés est bénéfique pour le développement des qualités physiques et mentales ? »

Stephania Bell,
spécialiste pour ESPN des sujets liés à la santé dans le sport kubet

Mais puisqu’il est un joueur au style unique, Zion fait aussi face à une énigme à laquelle il est le seul à être confronté :

peut-on défier les lois de la physique sans être violemment rattrapé par la gravité ?

Un basketteur de plus de 120 kilos qui passe ses matches à s’envoler à plus d’1 mètre de haut, à martyriser ses tendons, ses genoux, ses muscles, n’est-il pas condamné à être blessé souvent ? Et puis Zion est-il la personne idéale pour relever ce défi ? Depuis que les blessures s’enchaînent, une partie des observateurs de la NBA doute que le jeune joueur mette toutes les chances de son côté pour y parvenir. Son poids interpelle, ne devrait-il pas commencer par maigrir ?

En trois saisons, Zion n'a joué que 85 matches de NBA.

En novembre dernier, réunis sur un plateau télé, Charles Barkley et Shaquille O’Neal, dont la langue bien pendue a pourtant servi à malaxer quelques burgers pendant leur belle carrière, ont éclaté de rire en découvrant des images d’un Zion visiblement hors de forme pendant sa convalescence. « On dirait que Shaq et moi avons eu un bébé ! », balança « Chuck » avant d’inciter fermement Zion à surveiller son régime alimentaire. Sur les réseaux sociaux, les blagues sur son poids côtoient désormais ses highlights.

« Zion est un joueur lourd par essence, penser que son poids est le principal problème est une erreur »

Stephania Bell,
spécialiste pour ESPN des sujets liés à la santé dans le sport kubet

« Son explosivité et son gabarit mettent son corps à très rude épreuve mais il est tout à fait possible qu’il fasse une longue carrière s’il est déterminé à se renforcer et à continuer à adapter la mécanique de son jeu, poursuit Stephania Bell. À ses débuts en NBA, il avait tendance à atterrir en retombant sur la jambe droite. Au fil du temps, il a trouvé un meilleur équilibre. Il n’a que 22 ans, il n’est pas encore à maturité physique et l’intensité de la NBA demande un temps de digestion. »

Super-héros dont le corps générerait sa propre kryptonite, Zanos est devenu un phénomène qui divise. Il y a ceux qui voient en lui une machine en cours de réglage, le comparant aux jeunes Joel Embiid ou Stephen Curry, souvent blessés à leur arrivée en NBA. Et ceux qui lui prédisent un destin à la Greg Oden, n°1 de la draft 2007, force de la nature au talent immense, qui a fini par prendre sa retraite les genoux en miettes à 28 ans, rejoignant ainsi le cimetière des héros érigés trop tôt.

« Il y a encore des adaptations sur lesquelles je bosse »

ZION WILLIAMSON

Face à nous, assis sur son fauteuil orange, Zion refait son tic. Il baisse la tête quelques secondes, puis la relève en esquissant un sourire. On vient de le confronter à la question de sa longévité, de lui demander comment faire pour minimiser le risque de blessures, s’il ne devrait pas perdre du poids et changer la mécanique de son jeu. « Il y a un peu de tout ça, ça fait partie de l’apprentissage de la vie de joueur pro. Quand je suis arrivé en NBA, je n’avais vécu qu’une seule saison de basket universitaire et il a fallu que je m’adapte à un autre monde. Il y a encore des adaptations sur lesquelles je bosse. Cette année, j’ai travaillé pour gagner en élasticité et en souplesse, en activant certains muscles que, parfois, je ne connaissais même pas. Mon jeu a besoin de cela. Certains jours, je me disais “Hé, je ne savais pas que mon corps était si flexible !’’ » Il ajoute, avec fermeté : « La seule réponse que je peux apporter aux questions à mon sujet, c’est de jouer toute la saison prochaine. Ensuite, je crois qu’on ne se posera plus ces questions. »

Zion ne juge pas utile de nous préciser qu’il s’est récemment attaché les KUBET d’un chef-cuistot et d’un préparateur physique personnel qui, en septembre dans The Athletic, a détaillé les efforts fournis par le joueur pour devenir « le meilleur athlète qu’il n’a jamais été ». C’est un aspect déroutant de sa personnalité : rare en interview, silencieux pendant toute la saison passée, Zion n’est pas du genre à chanter des « redemption songs », à surjouer l’opération reconquête en inondant ses réseaux sociaux de phrases toutes faites pleines de grandiloquence sur sa motivation qui, décuplée par le ras-le-bol des critiques et des blessures, semble pourtant plus forte que jamais.

Sur Twitter et Instagram, il préfère partager des chansons old school de Jay-Z, qu’il idolâtre, et les vidéos marketing qu’il réalise avec son équipementier pour sa collection de chaussures. « J’aime bien la formule qu’a trouvé Jordan Brand pour me définir : ‘’out of this world but also down to earth’’(“à la fois hors de ce monde et les pieds sur terre”). Ma devise, c’est de développer mon propre style de jeu tout restant qui je suis, un type vraiment cool et calme, qui garde des choses pour lui. Ma vie privée, c’est ma vie privée. »

Zion est un joueur qui n’existe que dans la lumière mais ne se jette pas sous les projecteurs.

Ainsi va Zion, mélange de dunks aériens et de phrases terre-à-terre, gamin-phénomène tiraillé entre ses rêves de grandeur et une nostalgie de ses années adolescentes où tout était plus simple. Des fourmis pleins les jambes, l’ex-géant parmi les enfants devenu post-ado parmi les adultes ne pense pour l’instant pas plus loin que la saison à venir.

« Cette année, quand j’ai retrouvé les Pelicans pour finir ma convalescence, mes coéquipiers s’étaient relancés dans la course aux playoffs. Et ils sont parvenus à se qualifier, alors que personne ne les en croyait capables ! J’étais à la fois déçu de ne pas pouvoir vivre cette expérience à fond avec eux et tellement heureux de faire partie d’un collectif aussi spécial. Quand la saison s’est terminée, j’avais le sourire. “Mec, ton équipe a vraiment un truc.’’ Cette saison, ce serait un mensonge de vous dire que l’objectif n’est pas de se mêler à la lutte pour le titre. Et comme les gens ne m’ont pas vu jouer depuis un moment, ils ont tendance à m’oublier mais je vais leur rappeler qui je suis ! Vous allez voir, on a une sacrée équipe ! »

Lors de sa saison sophomore, Zion a brillé.

Jeune franchise sans passé glorieux, comptant deux demi-finales de Conférence (2008 et 2018) comme seuls faits d’armes, les New Orleans Pelicans se sont, l’an passé, extirpés d’un début de saison calamiteux (12 défaites sur les 13 premiers matches) pour se qualifier en playoffs pour la première fois depuis 2018 et y livrer une valeureuse bataille contre Phoenix. Le monde de la NBA s’est longtemps interrogé sur la nature de la relation entre cette franchise et sa superstar, dont le jeu flamboyant se marierait bien au clinquant new-yorkais des Knicks ou au bling-bling californien des Lakers.

« Par le passé, il y a eu des frictions entre la franchise et Zion, sur la gestion de sa rééducation par exemple, estime Jake Madison, animateur du podcast Locked On Pelicans. Mais aujourd’hui, même si les Pels ont intégré dans son contrat une clause pour l’inciter à rester en forme, la relation est meilleure que jamais, tout comme la détermination de Zion. »

Brandon
Ingram

Brandon
Ingram

Les trajectoires d’une écurie en pleine ascension et d’un joueur qui veut reprendre la sienne semblent enfin se rejoindre. Renforcés par l’arrivée en février de l’arrière CJ McCollum, très fédérateur président de l’association des Golden Dafa Casino NBA, susceptible de libérer Zion du poids du leadership, portés par la montée en puissance de l’ailier scoreur Brandon Ingram et du rookie Herb Jones, les Pels prient pour pouvoir ajouter à leur collectif huilé les coups d’éclat d’un Zanos en bonne santé.

ZANOS

ZANOS

Ce surnom, d’ailleurs, lui va-t-il toujours aussi bien ?

Ces derniers temps, Zion s’identifie plutôt au personnage de Naruto, héros du manga devenu succès planétaire que le basketteur considère comme sa Bible.

En juillet, il s’est rendu à San Diego pour assister à un festival consacré à la BD japonaise. Vedette heureuse au milieu des anonymes, il a écouté les conférences, parlé de sa passion avec d’autres fans, à qui il a présenté sa collection de baskets inspirée du manga. Naruto, c’est l’histoire d’un ninja simple et joyeux, doté tout jeune d’un pouvoir immense qui fera sa force et faiblesse. Pour bâtir sa légende et convaincre ses pairs, il lui faudra surmonter des épreuves qui lui feront perdre sa candeur mais ne l’éloigneront pas de son cap : rester fidèle à qui il est.

Avant de le quitter, on demande à Zion si pour durer en NBA, il n’est pas condamné à sauter un peu moins haut et à dunker un peu moins fort. Il sourit, encore et toujours. « Cette saison, vous allez continuer à voir mes dunks et vous en verrez même encore plus ! Il y a une chose qu’on ne m’enlèvera jamais, c’est que je serai toujours Zion. » 

i88 i88ʘ Ͳ dgټҘ \ kubet kubet kubet gsbetʘ gsbet gsbet Oيʘ X] ܇ worldcup2022 world cup l ټҘ tzʘ ؽwʘ hoyaʘ feida365w_ʘ ؔʘ dk8 Ϡʘ ˾C A˾C

xxfseo.com